- Le repos
Par Desna, que je suis épuisée de cette aventure ! J’étais hésitante à repartir pour nos pérégrinations, et ce doute ne me quitte plus. J’ai déjà frôlé la mort, j’ai été défigurée - heureusement je m’en remets bien, et nous venons de sauver in extremis notre meilleur guérisseur ! J’en suis même arrivée à prier Sarenrae, non mais où va-t-on ?! Je commence à étouffer de vivre en groupe, bien que je sois très reconnaissante de leur aide. Enfin, ça dépend de qui, cette Shalélou a eu l’outrecuidance de se servir de moi comme bouclier lorsqu’elle m’a forcée à traverser cet horrible pont suspendu sur son dos. Deux flèches je me suis prises ! Et aucune excuse de sa part. Je reconnais bien là l'arrogance des Elfes ! Celle-là, je m’en tiens éloignée, et qu’elle ne compte pas sur mon aide.
Nous mangeons un peu, chacun à sa manière dirons-nous : Arannis et moi dégustons notre pain d’avoine aux graines, baies et noisettes, adouci de miel. Une ration somme toute frugale mais suffisamment raffinée pour nos palais délicats. Accompagnée d’une petite rasade d’hydromel pour ma part, cela me requinque dignement ! Je n’en propose pas à Arannis, ce serait peine perdue. Nous mangeons calmement et tranquillement. Je me tiens discrètement à distance de Smellkalf et Mad dont les odeurs de becquetance m’importunent. Smellk extirpe de sa botte gauche un gigot entier d’agneau séché. Ah. Ainsi cela explique certaines choses… Il y met les crocs en le tenant d’une main par l’os. De l’autre, il tient une de ses fameuses bouteilles de vin rustique et familial. Il mange allègrement auprès de Mad qui boit, ou plutôt s’asperge d’une grosse chope de bière. Mais où stocke-t-il donc tout ce breuvage ? Ce dernier empoigne pêle-mêle depuis sa besace saucisses fumées, viandes salées, biscuits et légumes secs qu’il engloutit aussitôt et assez frénétiquement. Il alterne ses poignées anarchiques de victuailles avec de grosses lampées de bière. Evidemment, le tout mangeant la bouche bien ouverte ! Les deux comparses ricanent et se délectent goulument de leur pitance. Ils ont l’air heureux, je les envie. Shalélou quant à elle, que sais-je, je ne la regarde toujours pas.
Mad agrippe de ses doigts gras le dernier carnet de notes de Tsuto trouvé dans le bureau de Lyrie. Entre deux déglutitions et ponctué de postillons bien fournis, il nous fait lecture. Nous apprenons alors tout un pan de vie insoupçonné de Nualia : elle a eu un amant nommé Delek Viscanta qui l’a engrossée dans sa jeunesse. C'est alors que son père Tobyn l’aurait séquestrée pour la purifier, Delek l’amant lâche l’abandonnant. Elle aurait accouché d’une abomination que l’on brûla… Bien sûr cette histoire me bouleverse. Elle résonne en moi et je suis prise tout à coup d’une étrange compassion envers Nualia mêlée de vertiges, je ne désire pas réveiller en moi ces douloureux souvenirs. Nous apprenons également ses brimades et harcèlements d’enfance… Je n’aurais jamais cru me sentir soudainement aussi proche d’elle. La similitude de nos destins est dérangeante. Cette pauvre créature a choisi visiblement une voie beaucoup plus sombre que la mienne, que Desna me protège et me guide vers des desseins moins ténébreux !
Nous comprenons alors toute la stratégie de vengeance mise en place, d’abord le père Tobyn retrouvé brûlé, puis le rituel de Nualia pour devenir une servante de LAMASHTU se transformant en demi-fiélon, une succube visiblement. Tsuto épris lui-même de rancoeur envers son propre père, ils organisèrent à eux deux une vengeance commune pour brûler tout Pointesable ! La grotte de LAMASHTU aurait eu une influence sur l’enfantement abominable… Cela fait écho avec les sculptures en taille directe trouvées sur les imposantes portes boisées. Mais quel est le lien avec Lyrie qui semblait passionnée de la culture Thassilonnienne ?
Nous prenons le temps de discuter de ce que nous avons trouvé dans ce donjon. En évoquant la pierre du Prophète, Arannis nous fait part de certaines de ses connaissances sur le sujet. Cela lui évoque la légende du prophète ARODEN qui aurait érigé la ville d’ABSALOM, une grande ville où se trouve la ligue de la loge des Eclaireurs qui financent des aventuriers pour accumuler des savoirs. Après sa disparition, le prophète devait revenir mais il n’est pas réapparu à la date prévue par les oracles. Il n’existerait pratiquement plus de prêtres fidèles à son culte d’érudits. Parmi les sculptures nous avions observé une île surmontant une créature des profondeurs… toutes ces informations sont encore assez confuses.
Un silence s’ensuit et je repense à un vague souvenir évoquant l’appel d’une créature depuis les profondeurs du Pic mais je ne me souviens plus de quoi il s’agit. Je suis toujours troublée par les dernières révélations du carnet de Tsuto au sujet de Nualia et je n’écoute plus que d’une oreille distraite les échanges de mes compagnons. Je suis fatiguée, la digestion me berce.
Je suis surprise lorsqu'Arannis se lève et se rapproche de Mad pour lui demander une rasade de bière et trinquer avec lui… ?! Depuis qu’il a occis cette traîtresse de Lyrie, il semble plus dévergondé. A côté Smellk est très concentré et appliqué à écrire dans son journal. Ce n’est pas la première fois que je l’observe faire ça, un barbare qui écrit c’est original. Il écrit lentement en tirant un bout de langue, c’est assez touchant. Moi je sors ma pierre ponce et me mets à l’oeuvre sur ma rapière et ma dague en chantonnant très bas, cela m’apaise et me ressource. Nous ne sommes pas encore sortis de ce dédale !

- Et c’est reparti !
Nous sommes alors surpris par des ombres surgies de nulle part ! Elles sont très difficiles à déceler parmi la pénombre ambiante, Smellk a lâché sa torche au sol pour dégainer. Mad pousse un râle qui s'essouffle en soupir, il dit qu’il se sent vidé de sa force ! J’incante mon serviteur invisible : “Zu’u bel dii aar…Deinzein !”, mon cher gardien dévoué. Je lui intime l’ordre de ramasser la torche éternelle puis de faire le tour de la pièce. J’espère ainsi mieux éclairer et démasquer les ombres grâce à cette torche mouvante, et surtout dissiper les viles créatures par la lumière ! Mais ni la torche ni l’épée courte de Mad n’ont de prise sur les ombres intangibles. En revanche, Arannis nous surprend en dégageant soudainement une aura mauve de ses mains tendues et brûle l’ombre proche de Mad. Une canalisation bien sûr ! Nous avons affaire à des créatures d’outre-tombe. J’incante mon sort de soin léger et tend la main dans une ombre qui s’affaiblit à son tour. Smellk lance une potion de soin mais malheureusement l’ombre visée l’évite. Nous entendons un bruit sourd de chute derrière nous, Shalélou est au sol surmontée d’une ombre. Je n’ai pas le temps de m’occuper d’elle, Arannis me protège de son bouclier de foi et a rendu mes flèches magiques, je dois saisir cette bénédiction de Sarenrae et tout en invoquant la chance de Desna je viens à bout d’une ombre ! Mad, très faible, trouve la force de lancer sa dague boomerang mais manque sa cible. Les canalisations d’Arannis sont indubitablement les plus efficaces, elles puisent dans la force de la déesse de la lumière.
Une ombre émerge du corps de Shalélou qui a succombé, mais nous sommes trop concentrés pour nous en apercevoir. Smellk a badigeonné son épée de potion de guérison et parvient à achever une ombre. N’ayant plus de flèches, j’ai dégainé la baguette de décharge électrique et me rue vers une ombre proche de Smellk. Pas de chance, dans une esquive il se prend lui-même la décharge... oups ! Cela dit, ce petit coup de piquant a l’air de l’avoir vivifié puisque dans un geste vif instantané il touche l’ombre. Elle se retourne alors contre moi et me draine jusqu’à la mort… (encore !!). Smellk se déchaîne frénétiquement sur cette ultime ombre qui finit par se dissiper totalement. Le calme retombe.
Mes amis sont auprès de moi pour m’apporter des soins, mais c’est finalement Smellk qui tente quelque chose avec la baguette magique et parvient miraculeusement à me ranimer par une petite décharge électrique. Je reprends à peine mes esprits, je suis extrêmement faible. Mad est très mal en point aussi, Arannis un peu moins. Smellk me porte sur son dos, c’est le plus solide de nous tous, il n’a pas été drainé, seulement choqué par ma baguette ! J’ai juste le temps et la force de réinvoquer mon serviteur invisible. Je demande à Dyson (c’est son petit surnom à Deinzein) de ramasser mon havre-sac et me suivre. Ils se mettent en route pour le retour, j’entends juste les voix d’Arannis et Mad avant de m’endormir :
– “Il y a une chose qui me rassure, je reste plus fort que le nain.”
– “Attends Arannis, demain on voit ça au bras de fer !"

- Le retour à Pointesable
A ma grande surprise c’est Arannis qui demande au prêtre une juste rétribution pécuniaire. Tiens donc, il n’est vraiment pas comme d’habitude. Mad semble retrouver des forces à ce moment là car il se relève et s’approche pour mieux participer à la conversation, tout d’un coup. Zenthus s’engage à nous restaurer et nous fournir quelques potions. Il rappelle que la mairesse saura nous remercier comme il se doit. Il se met donc à nous soigner tour à tour. Je reprends vie ! C’est incroyable comme l’on s’habitue vite à cette énergie retrouvée. Cela devient tout à fait banal alors qu’elle me manquait tant juste auparavant. Mes idées s’éclaircissent, mes gestes sont sans effort, quel soulagement.
Pendant ce repos, nous présentons les divers objets et artefacts trouvés à Zenthus, beaucoup sont magiques et inconnus. Nous avons récupéré pratiquement un fagot de baguettes magiques ! Il propose de tous les étudier. Mad présente notre pièce maîtresse, celle dont l’aura magique m’aveuglait presque lors de mon sort de détection de magie, le médaillon trouvé autour du cou de Nualia.
– ”C’est une relique de l’Empire du Tassilon, c’est absolument inestimable ! Brodert le Sage en perdrait le souffle !” s’exclame Zenthus, les yeux écarquillés.
Tous les objets répertoriés, nous procédons à un partage nous paraissant juste, non sans passer par un assez long et fastidieux débat. Nous savons que les valeurs sont inégales d’un objet à l’autre, mais il nous apparaissait vraiment plus judicieux de répartir en fonction des usages et besoins de chacun. Nous décidons donc de répartir ainsi et qu’à la fin de la quête, nous pourrons alors procéder au repartage ou rééquilibrage pécuniaire nécessaire. Ainsi donc, me voilà liée et coincée dans cette aventure jusqu’au bout ? Je suis assez agacée par ces promesses de richesses sans cesse reportées. J’en suis déjà à deux morts évitées de justesse ! Mad arbore le médaillon avec un brin d’autosatisfaction suffisante, je n’ai pas d’autres mots et je suis assez jalouse. Mais bon, il est vrai qu’il est le plus souvent dans la mêlée et ce dernier préserve de la mort son porteur. Moi, normalement, je suis souvent secondée d’Arannis notre maître sauveteur. Je me retrouve alors en possession de la belle cape de Lyrie qui me donnera un peu plus de vigueur, plusieurs parchemins et le fagot de baguettes magiques. Ça peut toujours être utile lorsque je suis à court de flèches. Heureusement je dispose de mon havre-sac magique car je serai bien trop encombrée autrement ! Chacun prend l’utile et nous vendons le reste au Serpent à Plume. Nous récupérons la coquette somme de 6485 pièces d’or. Pas trop mal, et sans Shalélou le partage sera plus juteux. Nous n’avons pas évoqué la perte de la rôdeuse Elfe, ou bien j’ai manqué quelque chose pendant mon sommeil. Elle était vraiment très discrète, en dehors de la mésaventure du pont où le zèle semble l’avoir piquée ! Hmmm, mes respects pour elle malgré tout. Mad et Smellk conservent chacun un symbole de LAMASHTU, ils pourraient selon eux nous permettre d’infiltrer le culte si nécessaire. Je contrôle de nouveau la présence de magie sur ces derniers, n’ayant pas trop confiance mais non ils semblent bien inoffensifs. J’aperçois de nouveau la cicatrice irradiante de magie sur le front de Mad. J’avais oublié ce détail et il faudra que je pense à éclaircir le sujet auprès de lui plus tard…
Nous retrouvons Kendra Deverin la mairesse pour faire de nouveau le point sur la situation, des représentants des familles de noble sont toujours présents dont ce détestable Scarnetti. Il ne cesse de bougonner avec dédain des “Foutaises !… Balivernes !…” alors que Smellk présente de nouveau son rapport. Il dénigre notre travail, et c'est le bouquet lorsqu’il lâche un “Métèque !” au visage de Smellk. Mad change aussitôt de couleur et moi-même qui jouais de patience mielleuse envers cet énergumène, je cesse net ma petite comédie. Je parviens tout de même à retenir Mad. Smellk garde son calme avec bravoure et dignité, ce qui est très remarquable de la part d’un barbare. Fort heureusement le Scarnetti quitte de lui-même les lieux. Je comprends par la gêne de la mairesse, qui était restée fort silencieuse, que la fortune de cette famille pèse bien lourd sur la petite ville de Pointesable. Kendra est bien en peine d’excuser le comportement de cet odieux personnage. Notre ami Mad n’en perd pas le fil de ses pensées pour autant, bien inspiré il convainc Kendra de s’engager à rédiger un acte de propriété pour une belle maisonnée future en récompense des héros de Pointesable !
En demandant les nouvelles de l’oncle de Smellk nous apprenons que de nombreuses émeutes réquisitionnent les forces à l’extérieur, des Géants auraient été vus dans les montagnes. Nous prenons ensuite congé pour aller boire et fêter notre bravoure au Dragon Rouillé avant une bonne nuit de sommeil bien réparatrice.
- Et c’est rereparti pour Pic-Chardon !
– “Assommez-moi.”
Après réflexion, je me dis que j’aurais dû faire cette demande à Arannis car c’était fort risqué si Smellk ou Mad s’étaient exécutés…
Arannis me demande des explications mais je n’ai pas envie, le temps presse et je n’aime pas parler de mes affaires, surtout celles peu valorisantes. Heureusement Smellk me propose plutôt de me bander les yeux et de me porter pour m’aider à traverser. Après tous les coups perdus qu’il s’est pris de ma part on peut dire qu’il n’est pas rancunier. Il est emprunt de douceur dans sa carrure de brute, c’est très étonnant. Entre les odeurs qui émanent de ses mollets, le ballottement sur ses épaules, la peur de la traversée et le dégrisement de la veille, c’est un véritable miracle que je ne l’ai pas arrosé de mes restes de la veille. J’y ai mis toute ma force et ma concentration parce que vraiment il ne méritait pas cela !
Nous retrouvons sans difficulté ni mauvaises rencontres le passage où nous étions rendus. Une porte ordinaire donne sur une petite pièce au sol partiellement effondré. Mais il n’y a rien. Nous poursuivons le couloir qui débouche rapidement sur une grotte. Le bruit des vagues et la vue des eaux profondes m’hypnotisent. Je perçois à peine les murs recouverts de gravures anciennes représentant toujours le même homme légendaire, entouré d’une ville… Je ne m’attarde pas dessus, je suis de nouveau très troublée et prise de sueurs froides à cause de toute cette eau bruyante. Je remarque tout de même un énorme chaudron éclatant de dorure d’1,5m de diamètre environ, un casque doré de Géant en dépasse, orné de deux crocs. Le tout repose sur une montagne de dorures dont le reste s’enfonce au fond des eaux. Je prends le temps de sonder la présence de magie dans cette zone, un petit objet magique pulse au centre du trésor. J’use de mon sort manipulation à distance pour l’en extraire et le déposer au creux de ma main : c’est une amulette. Ce que j’aime la magie ! Que deviendrai-je sans elle ? Smellk parvient à ramasser une poignée de pièces d’or d’allure ancienne.
Mais alors deux grosses pinces sortent du casque, suivies par un gigantesque crustacé ! Nous décidons de quitter les lieux sans nous attarder sur cette créature sauvage. J’entends alors Arannis crier derrière moi : le bougre s’est fait attaquer car il était resté auprès de la créature et avait tenté de lui donner à manger. Mais qu’est-ce qui peut bien lui passer par la tête ? Il nous rejoint vite, la bête coincée dans l’eau ne pourra pas nous rattraper.
A priori nous avons tout exploré mais décidons de retourner auprès de l’étrange pilier doré qui irradiait également de magie puissante. Eloignée des flots je retrouve mes esprits. Me reviennent alors les images de diverses fresques observées en ces lieux et la notion de richesse semble omniprésente. Toutes ces piles et montagnes d’objets dorés, l’on croirait des offrandes à un dieux de l’abondance. Me vient alors l’intuition que nous fassions une offrande à ce dieu ; je demande à Smellk de déposer une pièce d’or comme offrande auprès du pilier magique. Il ne sait trop où la placer mais Mad découvre alors une petite fente où il peut insérer sa pièce. Rien ne se passe. Il a alors la même idée que moi mais sans que j’ai le temps de la partager il tente à nouveau avec l’une des pièces anciennes ramassées, une pièce Tassilonienne. Suite aux cliquetis de la pièce qui dégringole dans un petit conduit, un mécanisme lourd et grinçant se fait entendre. Le pilier crisse et pivote sur lui même, dévoilant un passage secret ! Nous reprenons notre ordre de formation : Mad en tête, Smellk brandissant sa torche, moi armée de mon arc en joue, Arannis en fin de cortège.
Un couloir court mais très sombre donne sur un vestibule présentant trois portes, dont l’une possédant une serrure à sept branches. Je sors alors ma précieuse corne acoustique pour écouter à la porte au Nord, j’entends une voix d’homme psalmodier dans une langue étrange. Je sors alors la baguette de traduction que nous avions trouvée, elle m’est déjà utile dirait-on. Je retranscris en chuchotant à mes compagnons “et sur nous….et je vous ordonne de rester sur place…Voyez comme ma puissance….Alasniste….”
Pendant que Smellk et moi débattons d’une stratégie, Mad entrouvre discrètement la porte : il voit dans le noir une illusion visuelle et auditive se répéter. Elle représente toujours le même vieil homme que celui vu sur toutes les statues et diverses représentations. Je lance contre-chant au cas où il pourrait s’agir d'un enchantement auditif. Cela nous protège tous. Mad cherche les pièges dans la pièce une fois rentré mais elle est vide.
Nous passons alors à la pièce à l'Est. La porte s’ouvre sur une petite salle où sont disposées quelques tables recouvertes de cadavres squelettiques de créatures visiblement abominables. Des outils de chirurgie ou de torture posés à côté. Je pense plutôt à des outils de dissection et d’études étant donné la singularité des sujets et le lieu. Mad trouve un objet à 7 branches muni de pointes et d’une poignée qui permet sans nul doute d’ouvrir la troisième porte scellée.
Mad s’exécute et ouvre discrètement la plus grosse porte sur une grande pièce orientée plein Sud. Cette salle contraste complètement des autres puisqu’elle est complètement illuminée et baignée de lumière vive, de multiples torches délimitent les murs et au centre siège un bassin de lave laissant jaillir de hautes flammes. Une nouvelle créature monstrueuse jusqu’ici invisible apparaît soudainement et m’attaque ! Je suis surprise et elle me mord violemment la jambe. Le monstre disparaît aussitôt puis réapparaît devant Mad, mord de nouveau avant de disparaître. Je sors alors mon parchemin contre l’invisibilité, je prononce sa formule. Je suis la seule à pouvoir deviner la silhouette de la créature malgré son invisibilité. On dirait une sorte de chien-gobelin. Je la suis du regard et guide mes camarades autant que possible. Par mégarde, Smellk trébuche près du bassin de lave, se brûle et se prend une de mes flèches alors que je visais la bête à ses côtés. Encore un coup pour lui ! Mad embroche le flan de la créature, il tente la tête mais échoue.
Alors que Smellk se relève péniblement près du bassin, il se prend une deuxième de mes flèches… Décidément Desna est fâchée contre lui ?? Je visais le monstre mais ce dernier avait disparu même de ma vue perçante ! Placée devant Smellk, elle s'était éclipsée juste à temps sur un autre plan et ma flèche s'était perdue directement sur Smellk derrière… Je me mets à tirer au hasard aux derniers endroits où la bête est perçue. Je suis obligée de boire ma potion de guérison je n’ai plus de sorts ni de force, ni même de flèches ! Je ressors alors la baguette électrique qui touche enfin l’être abominable. Visiblement elle lui fait pas mal de dégâts à en entendre ses hurlements stridents. Les soubresauts électriques permettent à Arannis de percevoir la position de la bête toujours invisible, il bondit au dessus du feu et l’attaque par derrière. Prise en tenaille, Mad lui donne le coup de grâce en lui éclatant une fiole d’eau bénite à la face. Elle réapparaît et l’on peut voir sa gueule se déformer et se désagréger, tandis que le corps s’écroule dans le bassin de feu.
Malfeshnekor est vaincu.


