[Livre Premier] L'odeur de la mer et l'ombre des ruelles

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[Livre Premier] L'odeur de la mer et l'ombre des ruelles

Messagepar daegron » 29/06/2012 à 13:18

Quelques jours ont passé depuis le couronnement des deux Basileus père et fils, Isaac II Ange et Alexis IV.

Alors que face au conseil des barons et du doge Enrico Dandolo les compagnons ont dut expliquer ce qui s'est passé ces derniers jours, ils peuvent enfin prendre ce qui leur a été promis. Gianni s'installe donc dans un petit entrepôt du quartier des docs, prêt du port de Neorion, à côté des entrepôts des familles Fiore, Deggliano et des autres vénitiens. Beaucoup s'installent dans les appartements bourgeois d'anciennes familles au service d'Alexis III que les grecs avaient repris aux vénitiens lors des émeutes de 1180. Ils réorganisent la côte d’or pour installer leurs entrepôts et le seigneur Crivello de Vicenza, vétéran de la Troisième Croisade présent à Constantinople avant la prise de la ville, est chargé par Montferrat de la sécurité des docks avec son compagnon Mezya, un maure d'obédience chrétienne.

Thalia a retrouvé son père, et malgré ses hauts faits, il ne lui pardonne pas de s'être enfuie du monastère et surtout de lui avoir désobéi, et d'avoir par ses actions fait massacrer bon nombre de leurs serviteurs. Lui-même considère avoir eu de la chance d'être parti de chez lui si peu de temps avant le saccage du palais par le général Constantin Acherias et ses hommes. Elle s'installe donc temporairement dans les locaux de Gianni.

Tandis que Mahmud rendait visite à un ami commerçant, Bertrand de Merfort en profite pour apporter des nouvelles d'Andremnos, toujours très fatigué à Thalia sur le port. Là, alors que chacun vaque à ses occupations, un fort groupe de citoyens grecs commence à crier devant les entrepôts voisins d'Armando Deggliano.
Alors que Mezya et Crivello de Vicenza mettent Dolce di Trevisa, la compagne de Deggliano, son majordome et un peintre qui les accompagne en sécurité à l'intérieur, Merfort, Thalia, Artaud et Gianni tentent de calmer le jeu et repèrent vite un homme en arrière file qui échauffe les esprits sans se mettre devant.

Ils le rattrappent quand l'homme tente de s'échapper et le ramènent vers l'entrepôt de Deggliano où sont toujours Dolce di Trevisa et ses hommes ainsi que le prévôt et son accolyte. ces derniers ressortent pour contrer la situation alors que les compagnons commencent un interrogatoire qu'Artaud doit faire insistant pour mener à bien. L'homme est italien, il n'accepte de parler qu'avec l'assurance qu'il aura une place dans un navire au départ car il semble terrifié par son commanditaire. Il dit avoir été payé par un homme de Iasonas pour provoquer l'émeute.
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[Livre Premier] 2. Chemins détournés

Messagepar daegron » 05/07/2012 à 12:25

Gianni, qui s'est installé dans ses entrepôts, se fait connaître comme celui qui rachête les 'objets trouvés' auprès des croisés, il amasse rapidement quelques denrées prises dans les premiers assauts croisés, mais se met en quête d'une échoppe plus proche du bazar pour faciliter son commerce.

Sous l'influence de Gianni et Merfort, Artaud commence à rechercher quelques hommes parmi les croisés pour monter une milice et assurer plus efficacement la sécurité des quartiers du Neorion.

Thalia a été conviée au palais par Ilyas Pyricos, haut dignitaire du Skrinion Barbaron, le bureau diplomatique de l'Empire. En remerciement de sa participation au retour sur le trône des Vrais Basileus, Isaac II et son Fils Alexis IV, on lui offre le statut d'agent du Bureau. Elle devra utiliser ses contacts avec les latins pour faciliter la diplomatie entre les factions.

De retour de chez son ami commerçant, Mahmud apprend à ses acolytes que l'entrepôt de son ami, Erzhum ibn Alawi, un commerçant arabe, a été pillé pendant l'émeute, et qu'ont disparus plusieurs objets de grande valeur, dont un coffre en ivoire qui était destiné au sebastocrator Michel Ange Comnene. Les pilleurs étaient des professionnels qui ont agi avec efficacité et discrétion, sans pitié, et ont tué trois des gardes, laissant le quatrième pour mort, se vidant de son sang au milieu des richesses de l'entrepôt. Le dernier homme n'a du sa survie qu'à l'arrivée inopinnée du commerçant qui voulait montrer le coffre à son ami Mahmud.

Proposition d'échoppe pour Gianni en bordure du quartier latin et du grand bazar : l'ancien commerçant a disparu. Alors qu'ils demandent des infos à Crivello, ce dernier leur apprend que le disparu, Giulio Scipitto était victime du rackett du "Refourgueur". Mezya et Crivello ont tué plusieurs racketteurs dont leur chef, un danois avec une balaffre sur le visage, qui faisait partie de la garde des murailles est au niveau de la seconde porte militaire. Le racketteur survivant leur a donné le quartier servant de base aux malfrats, le Zeugma au nord, appelé aussi quartier des pêcheurs.

Pour vérifier un doute grandissant, Gianni et Merfort rendent visite au garde survivant du pillage. Le pauvre homme s'en est sorti de peu et il leur parle d'un danois, au visage bâlaffré ... Après un aller retour sur les ports où le seigneur de Vicenza garde les affaires du danois, ils récupèrent la hache et passent la montrer au garde blessé. Il n'y a aucun doute possible pour lui, c'est bien l'arme qui lui a traversé la clavicule.

Alors qu'Artaud et Gianni rencontrent les marchands du quartier et leur proposent la mise en place d'une milice pour éviter d'autres événements comme l'émeute de la veille, Bertrand et Thalia, rencontrent Ilyas Pyricos pour en savoir plus sur Iasonas, qui leur dit qu'une enquête difficile est en cours, sous la responsabilité de Constantin Lascarsis, l'un des généraux de l'armée Byzantine. Il leur propose un entretien avec l'un des hommes de Lascarsis pour le lendemain. Le soir, en rentrant, ils enquêtent auprès du Sebastocrator. Le coffre était un cadeau au stratège Ioannes Kourkas, dont la fille est promise à Andremnos, entre la mutilation de son fils adoptif et la perte de ce cadeau, il a peur que l'alliance devienne difficile. Il lance rapidement une enquete sur Iasonas, tandis qu'Andremnos se remet doucement mais est toujours gravement affaibli par les sévices reçus à Anemas.

Le lendemain, au petit matin, un étrange messager apporte un message des Deggliano. Le vétéran allemand à la jambe de bois propose à Gianni une place pour de la cargaison dans un bâteau non rempli en partance dans deux jours, pour les remercier d'avoir aidé Dolce di Trevisa pendant l'émeute. Ils acceptent sans savoir comment ils rempliront.

Ils décident donc d'aller chercher arrangement auprès d'Erzhum contre la recherche des coupables et de s'arranger sur de la marchandise à transporter. Ayant la preuve, grâce au danois, qu'ils avancent sur la bonne piste, l'homme accepte. Sur le retour, ils passent voir Guido Strozzi, dans son échoppe du quartier latin. Il leur apprend qu'il est lui aussi racketté par les hommes de Iasonas, c'était jusque là au Danois qu'il avait le plus affaire bien que les têtes changent régulièrement. Il n'a pas entendu parler du coffre mais un marchand grec important lui a proposé plusieurs objets qui pourraient correspondre à ceux volés à Erzhum. La négociation est dure et manque de déraper quand les premières menaces sont mises sur la table mais, entre commerçants intelligents, Guido et Gianni trouvent un arrangement. Le contrebandier leur donne l'heure et le lieu de rendez-vous avec le marchand grec, il souhaite seulement que les personnages ne s'occupe du refourgueur qu'après sa transaction, afin de ne pas être mis en accusation.

Pendant ce temps, Thalia, accompagnée de Bertrand, se rend au rendez vous organisé par Pyricos, pour en savoir plus sur Iasonas, tandis que Mahmud cherche de son côté des hommes de confiance pour constituer la milice. L'homme les attend dans un masure décrépie du quartier des artisans, et quand Bertrand et Thalia rentre, ils sont surpris de voir qu'il leur parle de derrière un drap, leur expliquant qu'il serait dangereux pour lui de trop montrer son visage.
Selon lui, qui travaille sur le sujet depuis un peu moins d'une année, Iasonas n'est peut-être pas réellement une personne, mais le symbole de l'unité d'une organisation mafieuse aux multiples ramifications. Plusieurs personnes, toutes grecques, sont à la têtes des diverses activités illégales de ce qu'il appelle "la maison Iasonas".

Yorgos Sifakis est à la tête des maisons de jeu, situées dans le quartier des pêcheurs et sur la troisième colline
Gavris Lexidios est la tête des maisons de passes, dont les deux plus importantes sont situées dans le Zeugma et dans le quartier du vieux palais
Il sait qu'un autre est responsable pour toutes les affaires d'assassinats mais ne l'a jamais vu en tant que tel.
Praxeu Kolimene Organise les racketts, il est à priori plus autonome et parfois en désaccord avec les autres chefs
Demitra Athilokys Est responsable des affaires de contrebande, elle aussi semble plus autonome.

Plus que pour leur compétence, les membres sont recrutés, en particulier dans le Zeugma, pour leur loyauté, et faillir signifie toujours une sanction quand livrer des noms vaut la mort.

Guido leur a donné l'heure du rendez vous, les compagnons se préparent donc et se placent en embuscade, attendant le retour du marchand, dans les collines autour de la route qui quitte au nord le marché aux boeufs où à lieu la rencontre. L'homme et son convoi, protégé par quelques gardes, est vite appréhendé. Il n'a pas le coffre et son deal avec Strozzi ne concernait que deux autres objets volés chez Erzhum, et il faut user d'intimidation pour lui faire lacher quelques informations sur la maison Iasonas. Ils apprennent donc quelques noms d'autres marchands travaillant avec Athilokis sur la refourgue, tous ou presque ont de "bons" établissement dans le ville et sur le grand bazar.
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[Livre Premier] 3. Cigüe et belladone ...

Messagepar daegron » 30/08/2012 à 14:37

Alors que Gianni, Bertrand et Mahmoud négocient avec Deggliano et les marchands leurs investissemnt dans une milice locale, Thalia et Artaud sont dans les quartiers du conte Sanguinoso sur les docks pour préparer une action contre Iasonas. Quelqu'un frappe soudain à la porte avant de s'écrouler dans l'entrée. Il s'agit de Mathieu de Montmorency, capitaine croisé qui a mené le 5è corps d'armée lors de la prise de la ville, puis a évité la division des croisés quand l'empereur a annoncé qu'il ne pourrais rembourser ses dettes avant d'avoir réassujetti l'ensemble de son empire. L'homme a l'air fatigué, mal en point. Il est vite assi à la table par le chevalier Artaud. Alors qu'il demande où en sont les recherches sur les racketteurs, il est pris d'une violente quinte de toux et crache du sang.

Il n'a pas l'air de s'en soucier et continue de les interroger sur leur enquête, disant simplement que celà fait plusieurs jours qu'il est dans cet état, que les crises finissent toujours par passer, et qu'il a un remède confectionné par le meilleur herboriste grec, Probiotis. Pourtant, son état empire très vite, et ils n'ont même pas pu lui expliquer leurs dernières découvertes que le noble est pris d'une nouvelle quinte de toux, plus violente, qui oblige Mezya et Crivello à allonger leur seigneur dans un coin.

Thalia se rue sur le bazar, espérant que l'herboriste sera encore auprès de son échoppe, tandis que les autres restent aux côtés du capitaine croisé et essaient de limiter ses troubles. Quand dame Kastamonides revient avec l'apothicaire, celui ci donne rapidement une décoction à l'homme de plus en plus pâle pour calmer la toux, et ne diagnostique qu'une infection des bronches aggravée par le surmenage du noble qui ne dort que de rares heures par nuit depuis qu'il a mis le pied dans la ville.
Il faut toute la persuasion du groupe pour faire envisager au spécialiste la possibilité d'un empoisonnement, bien que selon lui un melange de baies de belladones et et de pistils de cigüe, pris régulièrement à petite dose ait pu provoquer les mêmes symptomes, ce en quoi il dit ne pas croire une seconde. Après d'âpres négociations, il consent à aller au plus vite préparer un remède contre ce 'potentiel' empoisonnement, donnant le nom de la seule personne en ville capable de distiller ces composantes de manière assez subtile pour que celà passe inaperçu : Xantias Pyrilos. Il s'agit du même nom que l'un des marchands travaillant souvent avec Iasonas ...

Le marchand possède un palais au nord de l'acqueduc de Valens, au centre de la XIè région. Avec l'aide de Michel Eladre, un éclaireur proposé par Baudoin de Flandres pour la milice, ils partent en mission de surveillance du palais, dans un premier temps ...

... Rapidement ils ont repéré tous les accès et voient que le maître de maison est occupé en partie fine sur l'une des terrasses du palais tandis que peu de gardes protègent les entrées. L'opération est vite menée, et s'ils repèrent de rares jeunes gens de second plan de la cour participants à l'orgie, ils concentrent leur attention sur l'alchimiste, Xantias. L'homme leur révèle rapidement avoir préparé et vendu les doses de belladone et cigüe pour un agent de Iasonas, Zoë Andreonu, maître-exécutrice de la maison mafieuse. La femme lui donne ses contrats dans un pigeonnier qui surplombe le toit de la route de la soie, une auberge sise à l'enceinte du vieux palais. La bâtisse fait partie de ce qui fut autrefois les termes de Zeuxippos avant d'être transformé en tisserie, puis en prison et d'être laissé à l'abandon faute de propriétaire voulant bien supporter les importants travaux de rénovation. C'est aussi dans ce pigeonnier qu'il doit livrer d'autres produits le lendemain à l'aube.
Ayant un atelier au sous sol du palais, il accepte après forte intimidation (et avoir vu certains de ses gardes abattus ...), de préparer un antidote, précisant que celà lui prendrait le reste de la nuit.
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[Livre Premier] 4. La route de la soie

Messagepar daegron » 06/09/2012 à 15:23

De retour avec l'antidote distillé par Xantias Purilos, les compagnons découvrent Gianni et Merfort aux côtés du cadavre de Mathieu de Montmorrency. Ils leurs apprennent que ce dernier est mort dans d'atroces convulsions dans la nuit. Tous se décident à masquer l'assassinat pour éviter d'aggraver encore les tensions entre grecs et croisés. Puisque le seigneur était déjà malade depuis leur arrivée à Constantinople, les questions seront moins nombreuses.

Ils font chercher un prêtre, ramènent le corps dans ses quartiers sur l'Estanor, et Merfort participe aux derniers sacrements. Pendant ce temps, tandis que Thalia va faire bonne figure auprès de son supérieur Ilyas Prynicos du Skrinion Barbaron, Artaud et Gianni vont chercher l'herboriste Probiotis qui n'est étrangement pas encore de retour, pour lui annoncer la nouvelle.
Chez lui, ils ne trouvent que sa femme avec leur dernier enfant, encore nourrisson, la femme est terrorisée d'apprendre que les hommes le cherchent, puisqu'il n'est pas rentré depuis que Thalia et venu le chercher dans la nuit. Paniquée, elle leur apprend que leur plus grand fils, âgé de 8 ans à peu près, a lui aussi disparu il y a deux semaines, mais que son mari lui a dit s'occuper de tout, qu'il l'avait envoyé en vacances chez un ami car l'enfant était un peu dur ces derniers temps, elle était tout de même étonnée que son mari s'énerve et l'empêche d'aller prendre des nouvelles. Elle les mêne ensuite au majordome qui a reçu des visiteurs étranges avant toute cette histoire, à l'allure patibulaire. Il se souvient bien d'eux d'ailleurs car ils étaient accompagnés d'un étranger qui est resté dehors, tenant une meute de chiens en laisse dont deux chiens de guerre et un limier. L'homme, blond et râblé, semblait sur ses gardes et avait l'air aussi dangereux que ses bêtes.

L'homme leur explique que peu après le "départ" de l'enfant, un groupe de grecs des bas quartiers avait demandé à voir Probiotis, et qu'il avait, inhabituellement, accepté de les recevoir. Il n'en sait pas plus sur leur conversation, mais son maître avait paru tendu depuis cette date. Sur al demande d'Artaud, la femme accpete que le bureau soit fouillé, et dans un tiroir fermé à clef, sous un certain nombre de commandes plus ou moins officielles, Gianni retrouve une lettre explicant le kidnapping de l'enfant, qui serait tué si Probiotis ne se rendait pas à un rendez-vous dans une taverne du grand bazar. Le rendez vous était fixé il y a deux semaines, alors que Montmorrency commençait son traitement.

De son côté, Thalia, faisant un rapport "de routine" a bien du mal à cacher ce qui s'est réellement passé cette nuit sur les docks et s'embrouille au sujet de la mort de Montmorrency. Alors que son supérieur tique devant son histoire, elle rattrappe les choses tant bien quie mal et il la félicite de s'être autant rapproché des capitaines croisés avant de la libérer.

De retour sur les docks, Artaud interroge les gardes en faction aux portes du quartier sur la route qu'aurait pris l'herboriste cette nuit, mais les hommes qui étaient de faction ne reviendront que le soir.

Quand Thalia retrouve les autres chez Gianni, ils se décident à aller visiter la Route de la Soie, la taverne au-dessus de laquelle se trouve le pigennier où Pyrilos reçoit ses messages de la maître-exécutrice. Là, tandis qu'Artaud et Thalia sont accueillis par le maître de maison, un musulman petit et rond à la verve bien placée nommé Fathred al Abib, et que Merfort les rejoint dans un second temps, Gianni fait le tour des anciens termes de Zeuxipos desquels fait partie l'auberge et trouve un moyen de s'y infiltrer pour rejoindre les toîts sans passer par l'auberge.
Après avoir rejoints ses camarades, il leur indique laquelle des salles privées, protégées par deux gardes de la taverne, correspond à la terrasse à partir de laquelle on peut rejoindre les toits. Pendants qu'ils dicutent, ils assistent au balais des esclaves de tous genres et formes faisant le service, et plus si affinités.

D'ailleurs, alors qu'Artaud ne se lasse pas du spectacle des demoiselles en tenues légères, Gianni repère une femme se rendant dans la salle privée correspondant à la terrase qui donne accès au pigeonnier. Elle est accompagnée d'un jeune adolescent appartenant certainement à la maison. La femme n'est pas très grande, très svelte mais ses épaules semble fortes, et elle semble d'origine grecque. Ils hésitent trop longtemps à intervenir, et elle ressort moins d'une heure plus tard, remercie le patron et s'éclipse. Artaud et Thalia lui emboîtent le pas à bonne distance, et après avoir traversé les quartiers riches, elle s'arrête et entre dans une grande bâtisse du quartier des artisans. Thalia connait l'artisan qui vit là, un mosaïste(?), et sait qu'il a un atelier un étage d'habitation ici mais qu'il ne possède pas les bâtiments. ERlle ne sait pas qui possède la pièce où leur 'proie' est entrée. Artaud demande donc au voisinage, sous couvert de chercher un artisan, s'il connaissent la dame, et un apprenti de l'échoppe voisine leur confirme qu'elle passe bien de temps à autres bien qu'il ne la connaissent pas.
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[Livre Premier] 5. Une entrée vers la maison Iasonas ?

Messagepar daegron » 05/11/2012 à 19:21

Tandis qu'Artaud, plus discret, guette les entrées de la demeure, Thalia cours chercher leurs compagnons pour essayer d'intercepter la dame à sa sortie.

Quand Ils reviennent Merfort se rappelle que l'immeuble appartient à Ekinos Bulakes, un marchand d'art originaire de Thessalonique, l'un des marchands travaillant avec Iasonas que leur avait donné le recelleur.

Pendant qu'ils débattent sur le nombre de sorties du bâtiment, Artaud remarque une silouette à une terrasse qui observe l'échoppe où il s'était renseigné. Peu de temps après, deux personnes encapuchonnées sortent à chaque coin du bâtiment, marchant rapidement vers les ruelles. Ils repèrent vite que l'une des silouettes correspond plus à la dame que l'autre et se lancent à sa poursuite. Tandis que Gianni et Artaud la suivent à grand peine à travers la foule dense du Grand Bazar, Merfort emmène Thalia à grand pas pour contourner le site en espérant la retrouver à sa sortie, priant pour qu'elle aille bien direction du Zeugma.

Son calcul est bon puisqu'elle sort du grand bazar, ayant distancié Gianni et Artaud, juste là où il l'espérait. Les ayant repréré, elle sort un stylet de sa botte et se précipite au milieu des échoppes pour les semer. Tandis que Gianni, sortant du marché couvert, grimpe sur une échoppe pour se créer un angle de tir, Merfort, le souffle court de la course mais le coeur encore gonflé de ses abus à la taverne crée un tumulte, insultant quelques commerçants pour attirer les gardes et laisser le champ libre à ses compagnons. Voyant que la maître assassin les distance dans la foule, le chevalier Artaud lâche son chien qui se précipite aux talons de la Dame. Elle n'est pas encore sortie du quartier commerçant qu'il l'arrête en fermant sa machoire puissante sur un mollet de la jeune femme. Elle chute dans un cri de douleur, et au sol réussit à planter son stylet dans l'épaule du chien de guerre. Le chien s'écarte d'un bond et gémit comme si la douleur était insupportable. Artaud est le premier à arriver sur place tandis que le maître assassin peine à se relever.

Alors que le chevalier, d'un geste précis, lui transperce l'épaule de sa lame, les autres arrivent, remarquant que le chien s'est écarter et semble se torde de douleur. Ils comprennent que le stylet devait être empoisonné, et Artaud demande à Thalia de mettre fin aux souffrances de son animal tandis que Gianni qui arrive l'aide à transporter la dame qui s'est évanoui de douleur.

Merfort se sort de son altercation avec les gardes avec quelques réprimandes, et tous se retrouvent dans la planque du quartier vénitien que Guido Strozzi, le commerçant vénitien, leur avait prêté à leur arrivée dans la ville.

Rapidement, avec un sourire narquois, elle apprend à Artaud que le poison n'aurait pas tué son chien de guerre, mais l'aurait juste mis hors combat quelques heures "dans d'atroces souffrances certes, mais c'est bien vous qui l'avez tué "chevalier" " . Dans une pulsion vengeresse, Artaud se saisit de l'arme empoisonnée et en frappe l'assassin, qui rapidement se convulse sous la douleur. L'agonie est progressive, et durant plusieurs heures, alors que les autres sont sortis pour ne pas assister à ce triste spectacle, le chevalier se délecte de la voir ainsi souffrir au martyr. Alors qu'approche le soir, la dame est tombé inconsciente depuis un certain temps quand l'équipe se retrouve face à elle. Ils la réveillent d'un seau d'eau et reprennent les questions.

Encore endolorie par le venin, elle sait de quoi sont capable les latins, et leur livre bien plus facilement qu'ils ne l'attendaient les lieux de résidence des chefs du clan. Elle leur apprend ensuite que ce n'est pas Demitra Athilokys, la responsable de la contrebande qui s'est occupé du vol d'Erzhum ibn Alawi, le marchand arabe, mais Gavris Lexidios, le proxénète. Celà semble indiquer quelques dissensions dans le clan, et pour Zoë Androneu, c'est un signe fort que quelque chose est en train de changer dans la maison Iasonas. Elle leur indique ensuite que ce n'est pas elle qui a suivi l'enlèvement du fils de Probiotis, n'ayant participé qu'au choix et à l'achat du poison et qu'elle n'a aucune idée d'où l'enfant peut avoir été gardé.

Consciente que sa vie n'a jamais valu grand chose, elle sait qu'aujourd'hui elle est déjà morte pour les latins, elle joue donc son va tout et parie sa survie contre le lieu du prochain conseil des chefs du clan.
Après une discussion houleuse, les compagnons acceptent. Thalia la raccompagne ensuite dans l'une de ses demeures pour maintenir les apparences. Elles y trouvent le serviteur du marchand qui avait tenté de faire diversion, et après quelques phrases embrouillées, le maître assassin le rassure et le laisse repartir chez lui pour éviter les soupçons.

Pendant ce temps, Merfort demande à Mahmud de rejoindre Thalia pour surveiller l'assassin et Artaud va interroger les gardes de nuit sur le départ de Probiotis mais leurs réponses ne donnent pas grand chose.
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[Livre Premier] 6. L'enterrement de Montmorency

Messagepar daegron » 25/11/2012 à 14:41

Après que Gianni ait rejoints les quais pour observer le chargement des marchandises, et repéré un début de lassitude parmi ses hommes, habitués à plus d'action, tous se retrouvent dans la salle des gardes du prévot de Vincenza, où siège pour l'instant leur milice. Ils partagent un verre pour se vider la tête de ces dernières semaines bien éprouvantes, et les hommes leur apprennent qu'une grande cérémonie aura lieu le lendemain en l'honneur du capitaine Mathieu de Montmorency, et que tous les grands pontes y seront. Le corps sera transporté de la basilique Hagia Sophia aux ports avant qu'un navire ne l'emmène en terre sainte, pour être inhumé dans l'Eglise St Jean de Jerusalem. Ce sera l'abbé de Loos lui même, l'un des prédicateurs de la Croisade, qui mènera la cérémonie. Michel Eladre leur demande des nouvelles de l'affaire Montmorrency, qu'ils lui donnent sans hésitation. La conversation va bon train puisque des nouvelles de la campagne de Montferrat et de l'Empereur Alexis IV sont arrivées dans la journée. Selon les hommes, les nouvelles sont bonnes, et une grande majorité des thèmes visités se sont rangés sous la bannière de l'Empereur, sauf le roi Johannitza, qui tient fermement les rennes de la Bulgarie et semble prêt à se battre férocement pour garder son pouvoir. La rumeur dit aussi qu'un évêque pourrait arriver bientôt envoyé par le pape pour faire à nouveau de ceux qui furent excommuniés de bons chrétiens.

La nuit est la plus calme que tous ont connu depuis bien longtemps, et tous se retrouvent au matin dans une foule immense pour la cérémonie du lendemain. Tandis que l'abbé de Loos encense les mérites du grand homme qu'a été Montmorrency, Baudoin de Flandres, après avoir demandé des nouvelles de leurs investigation, apprend aux compagnon que la rumeur est fondée, et qu'un évêque est bien sensé arriver dans la semaine. Il leur confirme son soutien à toute manoeuvre contre Iasonas, leur demandant tout de même un maximum de discrétion pour éviter de mettre le feu aux poudres entre grecs et latins. C'est aussi lui qui leur apprend que le corps du fils de probiotis a été retrouvé par des passeurs qui font l'aller retour entre Galata et le port de Neorion.

Il en est de même pour le Sébastocrator qui consent à les soutenir dans l'opération, et leur apprend que, si Andremnos se remet plutôt bien des supplices subis, et pourra être sur pied dans quelques jours, les courriers venus de Marmara indiquent que le stratège Ioannes Kourkas s'impatiente des promesses non tenues, et commence à douter de l'union envisagée.

De son côté, Thalia fait bonne figure en donant quelques menues nouvelles à son supérieur du skrinion barbaron, Ylias Pyricos, mais refuse de parler à son père. C'est Artaud qui tente une approche, mais le père semble toujours aussi remonté de ce qu'il prend comme un manque de respect de par sa propre fille. Gianni de son côté tente d'inviter le doge Enrico Dandolo à participer à l'opération contre Iasonas, mais se dernier n'affiche un intérêt que très relatif au fait que des latins soient rackettés ...

La cérémonie est interrompue quelques instants lorsque le page d'Enrico Dandolo fait savoir à l'abbé de Loos qu'un vénitien est mort cette nuit, assassiné dans la demeure des Deggliano. Le jeune peintre Renato de Oblivio, dont les Deggliano étaient mécènes, a eu le visage éclaté dans la nuit par un inconnu, et la cérémonie continue donc en l'honneur de ces deux hommes de bien. Dans l'assemblée, c'est le choc, mais Baudoin de Flandres, alors accompagné de Conon de Béthune, fait savoir à Artaud qu'il mettra le prévot de Vincenza sur l'affaire pour qu'ils puissent se concentrer sur Iasonas.

Attendant que Zoë Androneu reçoive le lieu et l'heure du prochain rendez vous, ils s'impatientent, tandis que Thalia récupère ce qu'elle peut des plans des égouts dans son administration, Artaud emmène Michel Eladre et Mahmud surveiller la maison de passe de Gavris Lexidios près du vieux palais, Merfort va récupérer les hommes promis par le Sebastocrator et Gianni fait surveiller le palais de Sirfakis dans les beaux quartiers par Maltus le grec et quelques hommes d'équipage. Lui-même emène une poignées d'hommes ainsi que Zoltan l'asiatique dans une reconnaissance des égoûts au nord de la ville, s'approchant petit à petit du Zeugma.

Au midi du second jour, alors qu'ils se retrouvent pour échanger quelques informations, Thalia leur apprends que les plans sont très incomplets, dus aux nombreuses destructions et reconstructions successives, et qu'elle n'a de plans que jusqu'à l'acqueduc de Valens, bien au sud du Zeugma, mais déjà sur la troisième colline. Gianni et ses hommes ont pu progresser un peu dans les dédales de conduits dont certains sont à peine praticables, mais se sont vite rendus compte que certaines zones plus ouvertes semblaient pratiquées, voire habitées. Ils n'ont pas poussé plus loin leur investigation de peur d'être pris à partis par des gens qui connaissaient mieux la zone. C'est à ce moment que la nouvelle arrive, Zoë Androneu a reçu un message des Iasonas, ils se retrouveront le soir dans une maison de jeu de Yorgos Sifakis située au sud ouest en bordure du Zeugma.
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[Livre Premier] 7. L'égout et les douleurs

Messagepar daegron » 16/01/2013 à 11:31

La journée est courte pour préparer une telle opération mais tous s'activent et rapidement tous les hommes promis grecs, latins et arabes, sont disponibles. Après une après midi de palabres, il est décidé que des marins de Gianni partiront en avance avec Michel Eladre pour observer les lieux et lancer une rixe, tandis qu'arriveront un premier groupe de gardes grecs pour éviter l'émeute et enfin les latins menés par Bertrand de Merfort.

Le groupe choisit de sécuriser les arrières et de s'infiltrer dans les égouts par l'acqueduc de Valens, seul noeud du réseau d'égouts vraiment praticable pour qui viendrait du Zeugma selon leurs informations. Ils emmènent avec eux l'écuyer d'Artaud, qui sera chargé de surveiller l'entrée de l'Acqueduc et les prévenir des avancées de la situation à l'extérieur.

Alors que les marins accompagnés de Michel négocient leur passage dans le Zeugma auprès d'un premier groupe de miliciens anglais et valaques, se rendant compte que la zone est patrouillée, le groupe approche de l'acqueduc.

Eux aussi ont une mauvaise surprise lorsqu'ils s'aperçoivent qu'un groupe de miliciens garde aussi l'entrée des souterrains. Mais ils savent qu'ils ont frappé à la bonne porte lorsqu'ils repèrent parmi eux un danois accompagné de trois chiens ... qui correspond parfaitement à la description du kidnappeur du fils de Probiotis.
Les miliciens sont vites mis à mort et camouflés dans les égouts, tandis qu'Entremont, le jeune écuyer, réussit, non sans mal, à calmer l'un des limiers et tente de le récupérer. Le jeune homme est donc posté à l'entrée pour les avertir de tout problème, et l'équipe s'engage dans les égouts.

A peine arrivés dans la taverne, Michel et les marins s'installent à une table de jeu, repérant les quelques hommes de mains dans la pièce. Il s'agit plus de gros bras que de vrais soldats, mais ils sont deux à l'entrée, un à l'étage et encore deux devant un rideau dans le fond de la salle qui pourrait bien être le passage vers le sous sol. L'éclaireur veut prévenir les latins que la zone est patrouillée. Il attends donc quelques lancés de dés pour ressortir "pisser un bol", quand les gardes à la porte lui demandent ... et se faufile discrètement, passant un groupe de miliciens puis la troupe de grecs, jusqu'à Merfort et ses hommes, arabes et latins.

Dans les égouts, les compagnons doivent se faire particulièrement discrets car ils remarquent que les rares zones sèches montrent des signes clairs de passage, voir d'habitation. A plusieurs reprises ils doivent rebrousser chemin lorsqu'ils entendent des voix, repèrent la lumière d'une torche, au tombent face à un éboulis au bout d'un conduit.

Lors que Michel Eladre revient à la table, le jeu s'est animé, car l'un des turcs, gagnant, a payé sa tournée pour égayer les esprits. Les joueurs peuvent remarquer, alors que quelques parties ont déjà étés jouées, que deux hommes au visage masqués descendent l'escalier et, sans même un signe de tête aux gardes, s'engouffrent derrière le rideau au fond de la pièce. L'un, grand et mince, à l'allure athlétique, porte un masque à tête de renard et au sourire narquois, l'autre, de taille moyenne, porte un masque vénitien aux couleurs bleutées, représentant un enfant joufflu au regard naïf. L'ambiance est plutôt conviviale et, l'alcool jouant lui aussi son rôle, les voix portent dans un un brouhaha enjoué quand la maître assassin pénètre dans la taverne. Elle doit prendre sur elle pour ne rien montrer car personne ne pourrait se douter qu'elle est gravement blessée à l'allure décontractée qu'elle feint en entrant. D'une oreille aiguisée, Michel l'entend demander au patron si tous sont arrivés, lorsqu'il confirme, elle lui dit simplement que la réunion va pouvoir commencer, qu'elle a juste une bricole à voir avec un de ses hommes à l'étage avant de descendre. Le tenancier envoie un jeune serviteur derrière le rideau alors qu'elle se dirige, parfaitement détendue en apparence, vers l'escalier.
A peine a-t-elle commencé à grimper que Michel et les marins commencent à mettre de l'ambiance, accusant l'un des grecs de tricherie. La tension monte aussitôt, et en un instant la table est renversée. Tous les joueurs se retrouvent au corps à corps, forçant un garde de l'entrée et celui de l'escalier à venir tenter de calmer la situation. Rapidement la bataille dégénère, les marins turcs commençant à perdre le dessus tandis que l'éclaireur tandis que l'éclaireur, qui a tenté d'enflammer le rideau masquant le sous sol, a attiré l'attention des deux gardes qui n'ont pas bougé de leur poste.

Dans les égouts, l'odeur est si insoutenable que tous ont trouvé un bout de tissu ou autre pour se protéger le nez. L'eau croupie chargée de déjections leur arrive au genoux, et, après des centaines de détours, ils pensent être dans la bonne direction lorsqu'ils débouchent sur un conduit assez large pour être trois de front.

Dans la taverne, les gardes grecs arrivent bientôt, mais cela n'apaise pas les locaux qui voient d'un mauvais œil l'entrée des gardes de la ville, et se lancent maintenant tous dans la mêlée "pour défendre leur territoire". Alors latins et musulmans, menés par Merfort, arrivent à la porte et font une percée à vers le bar, Michel remarque un grec au comportement étrange, qui se dirige dans la cohue vers le rideau du fond de la salle. Il tente de l'intercepter mais le grec, particulièrement rapide, le saisi en un mouvement et bloque le latin en clef de bras avant de lui murmurer à l'oreille :"on du même côté", serait-il l'homme de Constantin Lascarsis infiltré chez les Iasonas ? Comme pour confirmer ces dires, il le relâche aussitôt et s'en prend à l'un des garde du rideau, que Michel désigne aussitôt à Merfort. Le chevalier mène donc la charge vers le sous sol mais, trop sûr de lui, ne fait que blesser le second garde qui riposte violemment d'un coup de gourdin, écrasant le nez de l'infortuné Bertrand. Il est rattrapé de justesse par Michel. C'est dans une demi-conscience qu'il entend les cris de ses hommes, annonçant que des miliciens valaques les prennent à revers.

Mahmud, Thalia, Gianni et Artaud ont bientôt la confirmation qu'ils sont sur la bonne piste quand la lumière d'une torche point au bout du conduit, accompagnée des sons d'une marche accélérée dans la fange. C'est un groupe de 6 personnes qui leur fait bientôt face, l'épée au clair dès qu'ils se rendent compte de la présence des compagnons. Quatre sont grecs, le visage découvert, et correspondent à la description des chefs de la maison Iasonas, deux femmes et deux hommes. Les deux autres sont masqués, l'un porte un masque de renard au sourire narquois et le second un masque vénitien de chérubin bleuté, portant un coffre d'ivoire sous le bras ...

Les deux hommes masqués se reculent d'un pas, le renard couvrant le chérubin, tandis que les quatres grecs font front. Mahmud a juste le temps de décocher une flèche, blessant l'un des grecs avant que le corps à corps ne s'engage. Artaud et Thalia sortent chacun leur adversaire d'un simple geste, tandis que Gianni peine quelques temps sur le troisième larron formant la première vague. La dernière, poussant du pied le cadavre de son compagnon tente de pourfendre Thalia mais cette dernière réagit bien trop rapidement, et en quelques secondes supplémentaires les quatres chefs du clan ne sont plus que des cadavres flottants à la surface de l'eau souillée. Sortant calmement dague et gladius, l'homme au masque de renard émet un rire clair en s'avançant d'un pas, tandis que le chérubin au coffre, lui, recule. Le chevalier Artaud a remarqué que le renard l'a observé lors des passes d'armes précédentes, et c'est méfiant qu'il s'approche.
Aussitôt le choc du métal contre le métal résonne dans le tunnel lorsque les lames s'entrechoquent. Alors que le chevalier tente d'ouvrir la garde de son adversaire grâce à son bouclier, le renard, défendant, tente un désarmement qu'Artaud évite de justesse. Thalia essaie d'en profiter pour les contourner et charger le chérubin directement, mais les cadavres la gènent et le renard s'interpose d'un mouvement vif. Gianni lui aussi cherche à se rapprocher, mais les cadavres et l'eau le ralentisse et le renard met Thalia entre lui et le pirate, restant hors d'atteinte. Alors le renard reprend l'initiative et tente d'ouvrir à son tour la garde d'Artaud, mais ce dernier est solide et riposte en frappant le bras droit du renard, qui dans un grognement sourd maintient sa prise et garde sa dague en main. Gianni en profite pour se rapprocher et, malgré un violent coup de hache aux jambes, est esquivé par celui qui semble être un combattant hors paire. Artaud a gardé la main et l'attaque de Gianni a détourné l'attention de leur adversaire, il attaque donc le renard à la tête et, lorsque ce dernier tente de parer, change subrepticement la direction de son coup, à nouveau sur la main droite. Le choc est brutal et une gerbe de sang s'échappe de la profonde entaille dans le gant de l'homme masqué. Grâce à celà, Thalia réussit enfin à le contourner et se rue sur le chérubin, qui lâche le coffre pour tenir sa dague longue à deux mains.
Gianni revient lui aussi à la charge et l'esquive du renard, blessé, est trop courte, il est à nouveau entaillé à la cuisse, ce qui permet à Artaud de finir le travail. D'un coup puissant il vient sur l'épaule du renard et l'épée, en un instant, se retrouve fichée dans le torse, passant la clavicule jusqu'au cœur.

Alors que les deux survivants se retourne pour voir où en est Thalia, que Mahmud vient de rejoindre, il ont juste le temps de l'apercevoir passer son gladius au travers l'épaule du chérubin. A cet instant, elle voit, derrière le masque, ses yeux se révulser, et tous sont pris de spasmes alors qu'un éclat comme le tonnerre emplit le tunnel, leur brûlant les yeux et le cœur. Artaud met longtemps quelques temps à reprendre ses esprits mais tous sentent leurs muscles tétanisés alors qu'ils émergent comme d'un mauvais rêve. Le coffre en ivoire flotte devant eux, ouvert, il ne reste qu'un manuscrit apparemment ancien et quelques pierres, sans doute précieuses, à l'intérieur. Les cadavres flottent toujours autour d'eux, dans un flot de sang et de déjections, mais pas de traces de l'homme au masque de chérubin. Quand à comprendre ce qu'il vient de se passer ...

Il n'ont pas longtemps pour y réfléchir car Michel et Bertrand, tout deux blessés, approchent par les égouts, du même côté que les Iasonas, et leur apprennent que l'attaque de la maison de jeu a été un massacres, deux groupes de miliciens valaques et anglais ayant rejoint les locaux, appuyés ensuite par des riverains en grand nombre, et que leurs troupes ont étés submergées. Selon eux, les marins de Gianni ne s'en sont pas sortis, et des les troupes qui ont participé à l'opération, il y avait déjà quelques morts et un grand nombre de blessés avant leur fuite, tandis que dans la cohue la torche qu'avait lancé Michel commençait à enflammer le bâtiment. Alors que les deux survivants leur expliquent la situation en haut, Artaud, impressionné par les compétences de son adversaire, veut connaître son visage et lui retire le masque de renard. Sa surprise est grande quand il découvre Constantin Acherias, l'un des quatre grands généraux de l'empereur ! Il sait qu'il aura besoin d'une preuve quand il expliquera ça tant à Baudoin de Flandres qu'au nobles grecs. Il récolte la meilleure preuve qu'il soit quand un cri d'alerte leur parvient atténué et transformé par l'écho, du fond des égouts, d'une voix ressemblant fortement à celle de l'écuyer d'Artaud.
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[Livre Premier] 8. Histoires de familles

Messagepar daegron » 13/02/2013 à 14:00

Pour sortir des égouts, la troupe doit faire preuve de mille précautions, la zone étant fortement patrouillée par des groupes de locaux, sans domiciles et autres habitants des égouts, mis en alerte par les bruits de combats et les cris. Ils s'en sortent tout de même après un certain temps, et filent vers les quartiers de la milice du Neorion se reposer et inspecter le coffre enfin retrouvé. Ce dernier ne contient qu'un vieux manuscrit poussiéreux et un petit nombre de gemmes.
Image
Selon Merfort, qui respire à grand peine à travers son nez fracturé, il est écrit en araméen ancien, et malgré ses compétences, il ne tire que des informations incomplètes du prologue, traitant de miracles et de temps, ou du temps des miracles ? Il pense pouvoir approfondir avec une étude plus poussée, mais son état ne l'aide pas à réfléchir. Pendant que le vieux chevalier érudit, étudie le livre, Gianni, inspectant le coffre, remarque que les quelques gemmes semblent être d'une très grande valeur, et, alors qu'il glisse ses doigts sur le fond à la recherche d'un double fond, en ressort une poussière qui luit faiblement à la lumière. Après un rapide examen, pas de doute, il s'agit d'une fine poussière d'or, il y avait donc un autre objet dans le coffre. Artaud, lui, a réveiller quelques hommes et doublé la garde des quais pour la nuit, pour éviter toute complication.

Alors qu'ils sont affairés à cette recherche et que Thalia est déjà repartie vers ses appartements, les hommes arrivent au compte goutte, par petits groupes, confirmant l'hécatombe. Tous sont blessés, dans un état plus ou moins grave, et ils ont laissé au moins une sept de leurs compagnons morts sur place, sans savoir si les autres ont réussi à échapper à la curie ou pas. Malgré la nuit noire, un ciel sans nuage laisse entrevoir une lueur inquiétante venant du Zeugma alors que chacun se couche pour une nuit bien méritée.

Au réveil, ils se retrouvent à nouveau sur le port. Peu de leurs hommes sont rentrés dans la nuit, mais les derniers arrivant leur annoncent qu'ils ont fuit un bâtiment en proie aux flammes, et à en croire la fumée qui obscurcit un ciel sans nuage, voguant au grès d'un vent de nord-est, les choses ont du empirer depuis. Thalia s'est remémoré cent fois la scène de la disparition de celui qu'ils soupçonnent d'être Iasonas, et si elle ne peut envisager qu'une diablerie, un détail lui est tout de même revenu en mémoire, le masque de chérubin glissant légèrement sous l'impact, laissant entrevoir une barbe claire, sans doute rousse ...
La tête du général Constantin Acherias est sur la table, devant eux, laissant supposer que la corruption s'élève bien plus haut qu'ils ne le pensait dans la hiérarchie de l'Empire Romain d'Orient. Et ce Iasonas ? Un latin, sans doute vénitien et roux ? Dans la haute hiérarchie de l'Empire, un seul haut conseiller vient à l'esprit de tous, Nicolas Rossi. Le commerçant vénitien était resté à Constantinople et avait su faire sa place malgré les émeutes de 1180, et il avait gardé un pouvoir et un prestige assez important pour être envoyé en tant que héraut par l'ancien empereur à l'arrivée des croisées.
Oui, un homme de cette intelligence et de cette adaptabilité correspondrait bien au maître mafieux qu'est Iasonas.

Ils décident donc de pousser l'investigation à la cour, mais pour assurer leurs arrières, ils vont dans un premier temps prévenir le sébastocrator Michel Ange et Baudoin de Flandres de la réussite de leur mission. Gianni et Artaud se rendent chez le chef des croisés et lui expliquent la situation en mettant la tête du général Acherias sur la table en guise de preuve. Ce dernier acquiesce et leur donne son aval pour poursuivre les investigations, bien qu'il sera plus regardant sur les hommes qu'il leur confiera désormais. Il leur apprend de plus que le bâteau de l'évêque de Poitiers est en vue, et qu'ils pourront enfin revenir dans les grâces du seigneur après la cérémonie qui devrait avoir lieu un ou deux jours plus tard. Tandis que Merfort et Thalia rejoignent le Sebastocrator pour lui ramener le coffre. Ce dernier les remercie vivement, selon lui celà permettra d'enfin terminer les préparatifs du mariage entre son fils adoptif et Helena Kourkas. Ils peuvent enfin voir Andremnos, maintenant remis de ses blessures, bien que mutilé à vie.
Michel Ange est surpris de leur suspicion concernant Nicolas Rossi, et dit qu'il n'avait pas l'air blessé le matin lors de la réunion du conseil, bien qu'il soit resté plus en retrait qu'à l'accoutumée.

Ils se rejoignent ensuite au palais pour exposer les résultats de leur opération à Constantin Lascarsis, qui dirigeait les investigations sur le clan. Pendant qu'ils attendent un entretien, Thalia passe rendre compte à son supérieur, Ilyas Pyricos. Alors qu'elle rejoint les autres, ils aperçoivent Nicolas Rossi sortir des appartements du protovestaire. Il n'a pas l'air blessé, et, tandis qu'il leur jette un coup d'oeil furtif, sans marquer d'attention particulière à leur présence, ils ont un doute. Cette personne a des cheveux grisonnants, et parait plus vieille que le commerçant vénitien. Pour Thalia, il s'agit certainement de quelqu'un d'autre. Pour ses compagnons, une impression étrange accompagne le doute ...
Il sont ensuite reçus par le général Lascarsis, qui les remercie de l'opération, mais leur apprend que l'incendie qui s'est déclaré dans la nuit s'est propagé à tout le Zeugma. Avec le temps sec et le fort vent de nord-est, il risque d'encore se développer, et la rumeur court déjà que des latins en sont responsables. Au nom d'Acherias, il tique fortement, connaissant des affaires entre lui et Rossi, mais rien d'anormal, selon lui, ils ne s'apprécient même pas, mais il est vrai qu'il était absent de la réunion du conseil du matin ...

Au soir, chacun rentre chez soi, Merfort est pris en charge par un médecin arabe qu'avait conseillé Ibn Alawi à Mahmud, et il reste avec les autres hommes de la caserne, tandis qu'un chevalier croisé, boîtant et accompagné d'une jolie jeune femme avec un enfant passe chez Gianni et demande à voir le Chevalier Artaud, ou peut vous aussi l'appelez vous Amar ici ? Il s'agit du chevalier Thomas Dullin de Langlois, un ancien compagnon de bataille durant la seconde croisade. Il est acompagné de son fils, Calixte, mais ne présente pas la demoiselle. Après s'être enquis de la vie d'Artaud depuis son départ de Zara où le chevalier de Langlois avait été blessé, il s’enquiert de la femme grecque avec qui les compagnons ont eu à travailler. Devant la surprise d'Artaud, sa réponse est rapide alors qu'il ajoute avec un sourire non feint :
- "Vous devriez la faire quérir rapidement chevalier, après deux années, je suis certain qu'elle sera heureuse d'enfin retrouver son fils". Voyant le jeune Calixte, qui approche sans doute les deux ans, les regards de Gianni et Artaud se croisent avant de revenir sur le croisé, et ils comprennent enfin pourquoi dame Kastamonides a toujours été si prompte a aider les latins. Ils passent donc à la caserne, retrouvant Merfort, et envoient l'un des jeunes miliciens prévenir Thalia. Tandis qu'ils observent le garde s'éloigner des quais vers la ville haute, Thomas Dullin de Langlois ajoute, se tournant vers Artaud :
-"Au fait, j'y pense chevallier, votre jeune frère, Aimeri d'Achard, fait partie de la troupe de l'évêque de Poitiers, il est impatient de vous rencontrer, et n'a cessé de me demander des récits de nos batailles en Terre Sainte depuis que nous nous sommes rencontrés sur le bateau. Soyez certains qu'il vous tient en haute estime, et c'est certainement pour suivre votre exemple qu'il s'est engagé dans cette croisade".

A cette annonce qui pourtant semble heureuse, tous ne peuvent que remarquer que le visage du chevalier Artaud s'assombrit ...
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[Livre Premier] 9. Le prêtre et le démon

Messagepar daegron » 14/02/2013 à 23:17

[Pray for rain]
Pas un nuage à l'horizon, un fort vent de nord-est pousse les flammes du Zeugma chaque heure un peu plus vers la ville. Une partie de la milice a été réquisitionnée, comme la majorité de la soldatesque de la ville, pour lutter contre l'incendie. Mais en vain, et malgré la destruction de deux quartiers d'habitation à proximité, le brasier continue son inexorable avancée vers le cœur de la ville.
La grande cérémonie religieuse avec l'évêque de Poitiers est prévue pour le lendemain matin,
Pour prendre les devants, le chevalier Artaud fait envoyer une missive à son jeune frère, et lui proposer un rendez-vous à l'aube dans les quartiers de la milice. Avant que Bertrand de Merfort, accompagné de Mahmud, ne passe saluer son maître et ami, le sebastocrator Michel Ange Comnène, ils préviennent Thalia qu'elle est attendue, et amicalement, le soldat arabe lui conseille de « s'habiller comme une femme, pour une fois ». Elle espère ces retrouvailles depuis tellement longtemps qu'elle n'ose y croire, et se perd quelques heures en préparatifs. Gianni Polo, sentant le vent tourner, fait inspecter et préparer son navire. Après les vérifications d'usage, il ordonne le chargement de tous les biens accumulés dans ses entrepôts, pour le plus grand plaisir de ses hommes que trop de temps à quai dans cette ambiance délétère commençait à rendre méfiants.

[Paradise Circus]
Au soir, enfin, Thalia peut retrouver son bien aimé et l'enfant qu'ils ont eu ensemble, l'enfant qu'elle a porté mais qu'on lui a retiré dans le monastère d'Ancone. Son fils, Calixte, que chaque jour elle imagine grandir depuis deux années. Elle est surprise, et voit d'un mauvais œil la présence de cette femme, jolie, au côté du chevalier de Langlois, cette femme dans les bras de laquelle son fils est semble si apaisé, cette femme avec qui son homme semble si doux …
Il lui assure que ce n'est qu'une nourrice compétente à qui il a confié leur enfant, quand tout deux devaient porter les armes, et elle doit bien se contenter de ses explications …
Ils essaient d'envisager l'avenir, mais rien n'est certain, la ville est une poudrière et l'incendie qui gronde au nord-est n'atténue en rien la lourdeur de l'atmosphère. Enfin ensembles, ils se retirent, profitant de ces instants tant attendus.

[Flat of the Blade]
Avant même les premières lueurs, Artaud est prêt, impatient et anxieux. Il avoue à Gianni que ce qu'il a dire passera difficilement avec son frère. Il demande pourtant à ses compagnons, ses amis, de l'attendre à l'extérieur, et de n'intervenir que si les choses tournaient vraiment au vinaigre.
Le jeune chevalier, Aimeri d'Achard, arrive bientôt, un air de franche sympathie sur le visage. C'est un gaillard robuste, mais il ne ressemble en rien au chevalier Artaud. Et pour cause, lorsque leurs regards se croisent, le visage du jeune homme se ferme. Amar soutient son regard fermement lorsqu'il lui annonce :
- « J'ai pris son nom pour faire survivre sa légende. Je lui devais bien ça.»
Le jeune combattant l'a reconnu tout de suite. Celui qui se fait passer pour le chevalier Artaud était autrefois l'écuyer du seigneur, c'est lui qui a appris au jeune Aimeri à chevaucher, qui lui a enseigné ses premières bottes à l'épée …
- « Il est mort de maladie, faible, misérable, au commencement de la troisième croisade. Il n'avait pas encore prouvé sa valeur … Toute sa réputation, ses honneurs, c'est moi qui lui ai donné par ma sueur et mon sang ! »
Le jeune homme est bouleversé, tu l'as fait vivre dans un mensonge, traître ! C'est poussé par une rage aveugle qu'il sort sa lame pour venger l'honneur de son frère défunt. Amar, lui ne sort pas sa lame. Il évite les coups tant qu'il peut, jusqu'à être acculé. Il contre ensuite un coup qui aurait pu être mortel et, d'un grand coup de pied, repousse son adversaire qui renverse la table en chutant.
Merfort, Gianni, Thalia, Mahmud et le chevalier de Langlois ont la main sur leur arme mais Amar leur demande de rester à l'écart. Il lui faut encore quelques minutes pour calmer le soldat qui, dans un dernier élan de fierté renvoie la table de l'autre côté de la pièce en jurant que si le chevalier osait encore se faire appeler Artaud, cette fois il n'hésiterai pas à le tuer. Les compagnons s'écartent à son passage et Thalia remarque les larmes qui coulent le long de sa joue alors qu'il quitte la caserne en trombe.

Tous se retrouvent alors et se préparent à la cérémonie, et, bien que Gianni ne soit pas particulièrement motivé, ils choisissent d'éviter de trop se séparer pendant les jours qui viennent ...

[Rush minute]

Dans l'Eglise, l'évèque de Poitiers mène la cérémonie en grande pompe, et Amar est au premier rang. Gianni et Thalia, alors qu'ils s'entretiennent avec Baudoin de Flandres ne peuvent rater le regard de haine qu'envoie le jeune chevalier Aimeri d'Achard à leur compagnon. Merfort, suivant l'avis du doge va chercher conseil auprès du marchand Deggliano pour déchiffrer les textes araméens du livre. Le marchand, lettré et passionné d'antiquités est extrêmement intrigué par l'ouvrage. Il en oublie complètement l'office alors que lui viennent les premières ébauches de traductions, dont un avertissement sur la « disparition du temps » lors de « miracles », des descriptions de rituels sensés « faire perdre le contact à Dieu » en transperçant les yeux de la victime.

Attrezzo Utile
passe derrière eux et, à l'oreille du vieux doge Enrico Dandolo, murmure quelques mots qui le font se lever aussi rapidement que son corps usé le lui permet, le visage fermé, semblant soucieux. Quand Gianni se retourne, intrigué, c'est un encapuchonné qui attend le doge à l'entrée. Un rayon de lumière tombé des vitraux éclaire son visage ... Nicolas Rossi, dos courbé, se réfugie dans l'ombre d'une colonnade, semblant tout faire pour se camoufler. Alors que le maître des italiens l'accompagne à l'extérieur, Gianni, Thalia, et Amar se ruent vers la porte. Ils ont à peine sortis qu'un bruit sourd retenti, un carreau d'arbalète traverse Rossi et cueille le vieux doge à l'épaule, le clouant violemment à la porte. Thalia se penche sur l'encapuchonné en train de se vider de son sang. Son visage est marqué, déformé par la douleur en un rictus macabre. Il n'y a pas de doutes, il s'agit bien de Nicolas Rossi, le conseiller de l'Empereur et probablement celui qui se faisait appeler Iasonas, mais ses yeux sont couturés de rides et sa barbe, rousse hier, est aujourd'hui grisonnante. Dans un dernier effort surhumain, il laisse s'échapper un dernier mot … « vite, ils ... ».
Attrezzo Utile est sur les lieux aussitôt, le frêle jeune homme est d'une vivacité étonnante, il est rejoint par le chevalier de Merfort, et, alors qu'Amar et Gianni repèrent un mouvement sur un toit en face et se précipitent intercepter le tireur, ils décrochent le vieil homme de la porte dans un râle d'agonie, mais ce dernier est trop mal en point pour leur répéter ce qu'a pu lui dire Rossi.

Le pirate et son complice, courant, repèrent une femme qui laisse derrière elle une arbalète et descend difficilement du toit. Elle semble gênée dans ses mouvements, comme blessée à l'épaule … Ils la reconnaissent alors qu'elle se rattrape au sol : Zoë Androneu. Amar peste, regrettant de lui avoir laissé la vie sauve quelques jours il y a si peu de temps. Ils la poursuivent à travers les ruelles, mais elle saute sur une embarcation légère, menée par un soldat valaque.

Devant l'église, une troupe de soldats de la garde d'élite de l'Empereur arrive avec grand fracas. Bertrand a juste le temps de se demander comment ils ont pu faire si vite qu'ils pointent leurs hallebardes dans la direction de l'entrée, encerclant la porte.
Leur capitaine clame haut et fort :
« Par ordre de l'Empereur ! Les traîtres Gianni Polo, Thalia Kastamonides, Bertrand de Merfort et le chevalier Artaud sont sommés de se rendre à la justice impériale ! Ils seront jugés immédiatement pour leurs odieux crimes, dans l'enceinte de la basilique de la sainte Sagesse ! Quiconque leur apportera son soutien se verra châtié comme le mérite tout traître à l'Empire ! ».

A ces mots, le chevalier Thomas Dulin de Langlois, voyant sa bien aimée encerclée, met la main sur son arme et s'approche des gardes, suivi de Mailly de Bruges, Mahmud et leurs compagnons

Après avoir « emprunté » une barque, Gianni et Amar rejoignent la maître assassin des Iasonas, et suite à quelques violentes passes d'armes, se débarrassent de son compagnon. La femme, stoïque, est résignée. « Il m'a promis pire que la mort », selon elle, le' latin' devenait dangereux, elle ne sait pas qui est « le commanditaire », mais sait seulement que ses menaces sont sérieuse, et qu'il a utilisé les moyens de communication du maître des Iasonas. Amar se laisse emporter par sa colère, et dans un mouvement de rage, il ne lui fait pas grâce un seconde fois.

Sur l'autre rive du Bosphore, Merfort, Mahmud et Thalia sont encerclés, et rendent les armes.
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[Livre Premier] Final : Haya Sofia

Messagepar daegron » 06/01/2014 à 03:46

Thalia, Merfort et Mahmud sont conduits, encerclés de la garde d'élite de l'Empereur, dans la basilique de la Sainte Sagesse, Haya Sofia, où une cour nombreuse est déjà rassemblée. Tous les regardent entrer sous les murmures, minuscules face à l'empereur et sa suite dans cet immense bâtiment.

Splitting the the atom
Pendant ce temps, Gianni et Amar, rasant les murs, reviennent vers la basilique, dans une atmosphère électrique.

Crivello de Vincenza, avec l'accord de Baudoin de Flandres, regroupe les soldats de la milice, ainsi que Thomas Dullin de Langlois et Mailly de Bruges et après une explication qui manque d'être violente avec Wilbur mc Ewan, à qui s'est rallié le jeune Aimeri d'Achard, mène les troupes vers Haya Sofia.

Alors que l'empereur Alexis IV et son père Isaac II trônent, c'est le protovestiaire Alexis Murzuphle, grand général et conseiller personnel des empereurs, qui prend la parole.

« Toutes les meilleures gens de l'Empire sont ici rassemblées pour assister au jugement des traîtres Thalia Kastamonides, le chevalier Bertrand de Merfort, Mahmud Al Shoura, Gianni Polo et le chevalier Artaud. Ici même, dans la basilique de la Sainte Sagesse et sous le regard des empereurs, seront prouvés leur méfaits, leur traîtrise, leur responsabilité dans le feu du Zeugma qui consume la capitale du monde chaque minute un peu plus gravement, leur assassinat sur la personne du conseiller latin Nicolas Rossi, proche ami des empereurs ! Et accointance avec l'ennemi dans le but de déstabiliser l'empire »

Le chevalier de Merfort répond aussitôt,
"Oui, nous avons menés une mission dans le Zeugma, mais il s'agissait d'une mission officielle ! Nous agissions sous les ordres du général Constantin Lascarsis et du Sebastocrator Michel Ange Comnène ! Et ce dans la lutte contre le réseau mafieux Iasonas !"
Et Thalia d'ajouter :
"L'incendie qui s'est déclaré n'est qu'un accident fortuit qui n'est survenu qu'à cause de l'implication de gardes corrompus ! Qui d'ailleurs sont arrivés très rapidement sur les lieux, trop si l'on en crois la distance entre leurs rondes habituelles et le quartier reculé du Zeugma !"
"Ainsi la traîtresse voudrait distiller son poison à nos oreilles ?" clame aussitôt Murzuphle d'une voix puissante," N'est-il pas facile de retourner l'accusation ? Et quelle preuve avez vous ? Votre petite parole, je n'en doute pas ..."
Alors qu'il se tourne vers les empereurs tout en parlant, Merfort remarque qu'Alexis IV a l'air absent, comme s'il n'écoutait rien de ce qu'il se trame, les yeux perdus dans le vague.
Michel Ange Comnène se lève alors, accompagné du général Lascarsis : " Ce qu'elle dit est vrai, c'est sur nos ordres, dans une opération conjointe avec Baudoin, comte de Flandres et de Hainault , qu'ils se sont rendus dans le Zeugma, pour détruire un dangereux réseau criminel qui officiait depuis bien trop longtemps en nos murs !"
Constantin Lascarsis continue : "Et c'est selon les dires de nos hommes, ceux là même qui étaient sur le terrain, que nous av ..." Il est interrompu par le protovestiaire, excellent orateur : "Hommes que vous avez perdu en grand nombre dans ce que certains appelleraient un échec cuisant, général ! Et ne vous êtes vous pas laissés bernés vous aussi ? Ne sont-ce pas ces étrangers qui ont organisé toute cette opération, ne vous considérant qu'au simple titre de recruteur pour avoir plus d'hommes ?"

Le préfet de Vincenza
et sa troupes arrivent aux portes de la basilique où les attendent tout une escouade de gardes danois et valaques, qui s'interposent aussitôt. Le ton monte vite et les armes sont tirées alors qu'Amar et Gianni profitent de l'altercation pour s'infiltrer dans le bâtiment par le cirque. Bien que Crivello tente d'entrer par la voie diplomatique, ses efforts restent vains. Et tandis que les voix s'élèvent et que la tension monte, le chevalier autoproclamé et le pirate finissent par accéder à un étage de la basilique.

A l'intérieur, le procès tourne à la parodie alors que le protovestiaire refuse de produire ses témoins quand aux nombreux crimes des accusés, ironisant que l'empereur lui-même les a déjà rencontrés et qu'il serait trop dangereux pour eux de comparaître devant ces assassins, qui le leur feraient payer cher.
Vient ensuite le tour du bureaucrate, Elyas Pyricos, supérieur de Thalia Au skrinion Barbaron. Il insiste lourdement sur les tentatives de cette dernière de lui cacher de nombreuses informations, sur ses rapports embrouillés et sur le fait qu'elle avait choisi son camp bien avant de rentrer de son monastère. A cette insinuation, le sébaste Kastamonides, père de Thalia se lève et prend sa défense malgré les mois qui ont passé sans qu'ils ne se reparlent.

Alors que dans les galleries supérieures, Gianni et Amar se faufilent discrètement, celui qu'on appelle aussi el Conte Sanguinoso, finit par être rattrapé par son tempérament, et l'acier parle à l'entrée du lieu saint. Il vient rapidement à bout de son premier adversaire, le prenant par surprise, et la mêlée s'engage entre latins et valaques.
Tandis que le sebaste Kastamonides tentait de défendre sa fille, le bruit des armes a détourné l'attention de la salle et la réponse de Murzuphle fait comme une déflagration dans la salle.
"Cette engeance du malin, qui a osé profaner un monastère, y a enfanté et s'est débarrassé de son enfant ! Vous, vous, son père dont elle a jeté l'honneur à la rue bien plus bas que la dernière des catins ne l'aurait fait, vous pouvez encore la défendre ?"

[Girl I love You]

Le père se tourne alors vers sa fille, pris de court par cette annonce à laquelle il ne peut croire : "dis moi qu'il ment ma fille ! Il ment ! Il ment !"
Sa voix est une supplique lorsqu'il intervient à nouveau, mais Thalia n'a pas de réponse pour lui, mais c'est vers le protovestiaire qu'elle se tourne à nouveau, lui promettant qu'elle aurait sa tête.

A l'étage, Gianni et Amar sont arrivée en vue de la scène, mais tandis que l'italien charge son arbalète, deux gardes les aperçoivent et se jettent à leur rencontre. Amar s'interpose et tente de gagner du temps. C'est à ce moment que les troupes de Crivello font leur entrée, les troupes d'élites fondent sur eux tandis que sla garde rapprochée de l'empereur se resserre autour des régents. L'appel au calme de Merfort est perdu dans le vacarme, et le général Lascarsis envoie son arme à Thalia alors qu'elle fonce vers le protovestiaire. Elle l'attrape au vol en chargeant, mais alors qu'elle fond sur l'ennemi, repoussant un garde qui tente de s'interposer d'un mouvement expert, Alexis Murzuphle crie à la preuve, sortant son arme et se mettant entre elle et l'empereur d'un pas lent. C'est alors que dans un cri de rage, le jeune femme fond sur lui en criant" mort à l'empereur !". Tandis qu'Alexis IV secoue la tête, comme sorti d'une profonde léthargie, Merfort, Amar, Gianni, comme toute personne qui la connait ne peut y croire. Un doute traverse Merfort, l'empereur sans volonté, puis elle qui change si soudainement ? Alexis Murzuphle, le protovestiaire des empereurs, chef des généraux de l'empire, est peut-être le vrai Iasonas, ce qui expliquerait la corruption du général Acherias, mais aussi un sorcier ...

[Atlas Air]
Amar, débarrassé des gardes, se joint à la mêlée, la garde d'élite protège la sortie d'Alexis IV et du frêle Isaac II. Vincenza et ses troupes avancent sur les soldats danois et valaques, au prix de lourdes pertes, et la panique s'est répandue dans les rangs grecs. Au moment ou Thalia, hurlant à la mort de l'empereur, tente de contourner Murzuphle pour se jeter sur la garde d'élite, un carreau d'arbalète fuse dans la basilique, emportant la moitié du visage du protovestiaire qui s'écroule dans une gerbe de sang. Gianni repose son arme et observe la situation. Thalia s'est arrêtée net dans sa course. Elle a l'air complètement hébétée, perdue, Merfort à rejoint les combats avec la lame d'un soldat à terre, et tente de regrouper les troupes éparpillées dans la salle. La terreur est à son paroxysme chez les grecs, et Amar et Crivello, coude à coude, tente maintenant de se créer un passage vers la sortie dans la cohue. Constantin Lascarsis s'interpose alors qu'un garde impérial profite de l'absence de Thalia pour fondre sur elle, et le sebastocrator Michel Ange Comnène l'aide à rejoindre ses amis, lui conseillant de disparaître au plus vite, avant que la foule réclame sa tête. Après un âpre combat et une course folle dans les ruelles, ils se retrouvent au port du Néorion, où les attend le navire de Gianni, paré pour mettre les voiles vers des horizons plus cléments.

L'équipage est prêt, impatient de quitter cette ville où ils ne sont restés que trop longtemps à leur goût. Pour leur capitaine, et celui qui est devenu son bras droit, Amar, le choix et fait depuis longtemps, mais pour Thalia et Merfort, les adieux à la ville sont bien plus difficiles. C'est une partie de leurs vies et de leurs idéaux qui brûlent avec les quartiers nord de la capitale du monde. Thalia est la dernière à se décider, sous la pression de son chevalier latin, et tous embarquent vers un avenir incertain alors que le soleil disparaît sur la ville qu'ils ont un jour voulu libérer.
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Re: [Livre Premier] L'odeur de la mer et l'ombre des ruelles

Messagepar daegron » 26/01/2014 à 23:01

Presque un an qu'on a terminé cette (petite ?) campagne, le résumé est enfin à jour, merci aux superbes joueurs qui ont fait vivre la ville et ses bas-fonds et m'ont obligé à réécrire ma trame quatre fois à cause de leurs initiatives !

On remet ça dès mon retour ! :mrgreen:
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